La promotion de la chirurgie esthétique sur les réseaux sociaux

Publié par sophiemacfarlane le

La chirurgie s’est démocratisée ces dernières années chez les 18-34 ans, au point d’en avoir plus recours que les millennials, selon une étude de l’International Master Course of Aging Skin. Il est sans appel que les réseaux sociaux ont une forte responsabilité dans l’augmentation de ces chiffres. Les chirurgiens sont devenus des vrais influenceurs à part entière, qui se la joue « friendly » à l’Américaine : vidéo Tiktok, foire aux questions sur Instagram, etc. Il y a également la part non-négligeable des influenceurs qui participent à cette mécanique. À l’image de notre société de consommation, la chirurgie n’a pas été épargnée.

Les influenceurs ambassadeurs des cliniques esthétiques 

La promotion de la chirurgie esthétique est interdite en France. Seulement de nombreux influenceurs font la promotion de leur chirurgien contre des interventions gratuites. D’autres font la promotion d’esthéticiennes qui injectent illégalement de l’acide hyaluronique. Selon la réglementation française, seule un médecin peut pratiquer cet acte de médecine esthétique. Ses influenceurs sont suivis par des milliers voire des millions de personnes, dont beaucoup de jeunes qui leur font confiance. C’est donc un réel danger, et les jeunes y sont les plus vulnérables.

Ils poussent à la consommation et de manière illégale en mettant en danger leur communauté. Certaines fois, vers des personnes non formées ont pratiqué ce genre d’intervention. Sans parler de toute la promotion pour le tourisme médical dans des pays étrangers.

Se filmer en train de se faire injecter : voyeurisme, prévention ou buzz ?

Pauline dite « Poopi Blh », est une célèbre Tiktokeuse aux 2.5 millions d’abonnés. À l’origine, elle fait des vidéos concernant la nourriture, mais elle propose aussi des vidéos d’elle en train de faire des injections. Elle filme tout : la piqûre, le sang, le avant / après. Dès lors, nous pouvons nous demander si oui ou non c’est éthique de filmer ça.

D’un côté, elle fait la promotion de la chirurgie, médecine esthétique. Même si elle ne donne pas le nom du médecin, ni de code promo, elle participe à la banalisation de cet acte médical. De l’autre, elle prône la transparence avec ses abonnés et les mets en garde contre les mauvaises pratiques (conditions d’hygiène, le faire chez un « vrai médecin » etc).

Les ratés chez les influenceurs, vont-ils permettre de faire bouger les mœurs ?

Luna Skye, une célèbre influenceuse aux 446 000 abonnés a enclenché un mouvement pour dénoncer les excès de la chirurgie esthétique. Elle a subi des injections de HYAcord dans les fesses seulement le produit aurait été mal injectés (dans le muscle, ce qui est interdit) et dans de trop fortes quantités. Résultat, ça s’est transformé en septicémie. Elle mène ce combat depuis des mois pour essayer de retirer le produit de son corps – en vain. D’autres influenceuses, et notamment candidates de télé-réalité se sont ralliées à sa cause expliquant qu’elles vivaient la même chose. 

Le public a repris conscience de la gravité qu’un acte chirurgical. Il y a eu un grand STOP à la banalisation de la chirurgie dans le domaine de l’influence via ces malheureuses expériences. Il a fallu que l’on montre les ratés pour que le public réalise de nouveau que ce n’est pas comme acheter « une baguette de pain ». 

Assistons à une nouvelle ère sur les réseaux sociaux ? Va-t-on prôner le naturel ?

Catégories : Soi-même

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